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Journées photographiques de Bienne, 9.-31.5.2026

Les eaux-fortes
Julie Bourges

Avec son travail, Julie Bourges déploie une œuvre au long cours qui explore la relation historique, mythologique et politique entre les femmes et l’océan. Au sein de cet ensemble, la série Les eaux-fortes occupe une place centrale: elle agit comme un point de cristallisation où se rencontrent mémoire maritime, expériences contemporaines et inscription des corps féminins dans un territoire longtemps refusé.

À travers plusieurs chapitres, La main de la sorcière, Les eaux-fortes ou encore Filles du vent, l’artiste compose une cartographie sensible de trajectoires féminines marginalisées dans les récits maritimes. Mais dans Les eaux-fortes, l’attention se resserre sur les gestes, les matières et les présences: la mer y apparaît non seulement comme horizon symbolique, mais comme surface d’inscription. Les corps, les outils, les embarcations et les paysages portent les traces d’un rapport concret au travail et à l’élément marin.

Son travail met en lumière des figures telles que charpentière de marine, marin-pêcheuse ou navigatrices, dont les pratiques incarnent des formes de résistance face à des héritages sociaux profondément ancrés. Longtemps perçues comme indésirables en mer, ces femmes réinvestissent aujourd’hui cet espace par l’action, la compétence et l’endurance. Dans Les eaux-fortes, la vulnérabilité se lit dans la confrontation aux éléments, mais aussi dans la persistance des corps au travail, exposés, engagés, solidaires. La mer devient ainsi un territoire ambivalent : lieu d’émancipation, mais aussi espace d’épreuve. Les gestes quotidiens — réparer, manœuvrer, pêcher — prennent une dimension politique. Ils inscrivent les corps féminins dans une histoire collective de réappropriation et de transmission, où la connaissance du milieu marin devient savoir situé, partagé et incarné.

Par une écriture photographique à la fois documentaire et poétique, Julie Bourges tisse dans Les eaux-fortes des images où la matérialité de la mer — sel, vent, rouille, eau, bois — dialogue avec une dimension mythologique persistante. La série agit comme une archive sensible : elle ne se contente pas de documenter des pratiques, elle en révèle la densité symbolique et affective. En résonance avec le festival, Les eaux-fortes invite à repenser la vulnérabilité comme condition relationnelle : relation au vivant, au travail, aux milieux, aux héritages. La photographie y devient un espace d’attention et de mémoire, où les récits invisibilisés retrouvent une visibilité, et où la mer apparaît comme une scène de luttes discrètes, de solidarités et de transformations durables.

Année de production: 2021-2022

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Lieu

Photoforum Pasquart

Photoforum Pasquart
Faubourg du Lac 71
2502 Biel/Bienne

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